Suite à l’accident de train survenu à Wetteren, le député Eric Thiébaut a tenu à interroger la Ministre de l’Intérieur pour faire le point sur la problématique liée aux secours et à la prise en charge des services d’urgence.

 Ci-dessous l’entièreté de son intervention au Parlement:

Je voudrais rendre hommage aux personnes qui travaillent encore actuellement, aux pompiers qui se sont avérés très efficaces et qui ont, peut-être, évité des conséquences beaucoup plus graves encore par leur savoir-faire et par la qualité du travail qu’ils ont mené sur le terrain.

Cela dit, nous avons dans ce dossier une impression de chaos en matière de communication de crise. Vous avez clairement expliqué la situation. Dans le cas présent, elle relève de la gestion provinciale, alors que lors de la dernière catastrophe, nous nous situions sur un plan communal. C’est le gouverneur qui a pris cette communication en charge. Mais est-ce bien à lui de communiquer?

Cette communication a été souvent trop rapide. Tout d’abord, il y a eu l’estimation des victimes. On a parlé de deux morts et ensuite, d’un mort. Des propos se sont voulu rassurants sur la non-nécessité d’évacuation, avant de se rendre compte qu’il fallait une évacuation à grande échelle, quand on a appris que l’acrylonitrile dégageait une substance gazeuse au contact de l’eau, avec des propriétés toxiques proches du cyanure. C’était quand même inquiétant!

Des conclusions ont été données sur les causes de l’accident et démenties par les premiers résultats de l’enquête. Je pense qu’on a communiqué beaucoup trop vite en la matière. Ce matin, vous avez parlé d’un problème. Or, dans la presse, on parlait de retour de riverains qui avaient dû évacuer et auxquels on avait donné l’autorisation de rentrer chez eux. Une fois à leur domicile, ils avaient dû de nouveau évacuer, parce qu’on avait retrouvé de vieilles canalisations, par lesquelles avait percolé un gaz toxique, selon la presse. Voilà qui fait également désordre!

On a entendu le gouverneur s’exprimer au JT francophone de 13 h 00, au cours duquel il expliquait qu’il était de son devoir d’informer rapidement la population. Sans doute, mais si la rapidité est une chose, l’exactitude des informations données en est une autre. Il faudrait qu’à l’avenir, on s’assure, lors des communications à la presse et à la population, de l’exactitude des informations que l’on donne. L’image qui a été globalement donnée n’était pas très positive!

Je crois qu’il serait bon d’auditionner le gouverneur, tout en disant qu’il est important qu’il soit sur le terrain aujourd’hui car il est de son devoir de coordonner le travail.

En ce qui concerne le travail qu’il reste à faire, il y a eu des appels aux unités opérationnelles de la protection civile de Brasschaat, Liedekerke, Jabbeke, Ghlin, Crisnée, Libramont. Pourriez-vous faire le point sur ce qu’il reste à faire concrètement?

La réponse de la Ministre de l’Intérieur, Joelle Milquet :

Certains ont, comme M. Thiébaut et d’autres, exprimé des éléments relatifs à la communication. Je voudrais vous entretenir de quelques points. Premièrement, cela n’est pas facile, pour personne, que cela soit demain un parlementaire de cette commission qui est bourgmestre, que cela soit n’importe qui, de tout prévoir dans une catastrophe. Immanquablement, les choses bougent. Il y a toujours un moment où un événement qui n’est pas prévu, une fusion chimique par exemple, peut se produire. Il est évident que, par conséquent, la communication évolue: ce qui a été dit à un moment doit être rectifié à un autre moment.

Cet élément doit donc également être pris en considération. Comme certains l’ont dit, il est préférable de s’exprimer quand on est sûr et que tout est confirmé, même s’il faut attendre une ou deux heures. D’ailleurs, nous avons demandé à des spécialistes en communication du Centre de crise d’apporter leur soutien. Mais il faut tenir compte de l’évolution constante, de la volonté de transparence, etc.

M. Thiébaut a demandé ce qu’il restait à faire, ce à quoi je lui réponds: beaucoup. Pour ce qui concerne le wagon, il faudra au moins quinze jours, voire trois semaines avant de pouvoir dégager la voie. On analyse actuellement s’il est préférable de brûler le wagon avec les substances restantes, s’il est préférable de le vider avec une pompe ou s’il est possible de le déplacer. Mais quelle que soit l’opération choisie, une évacuation sera nécessaire. En effet, aucun risque ne sera pris. L’opération devra donc être menée en prévoyant des zones de protection. Il faudra également, et avant tout, procéder à une analyse de sol pour s’assurer de la capacité de ce dernier à recevoir le matériel nécessaire pour effectuer l’opération, sachant que les wagons sont très lourds. Lorsque nous aurons reçu le feu vert, au moins quinze jours seront encore nécessaires. L’opération sera très lourde. C’est la raison pour laquelle les services d’Infrabel sont totalement impliqués. On leur a encore demandé, ce matin, de se rendre sur place pour bien expliquer les différents éléments.

Pour l’heure, nous procédons à une analyse constante de la situation. Je me rendrai encore une fois sur place, tantôt, pour procéder à un tour d’horizon des besoins complémentaires et des évaluations. De plus, il faudra contacter les services régionaux, outre ceux qui sont déjà en place pour ce qui concerne l’environnement.

1 réponse
  1. cdt patrick "paddy"dubois
    cdt patrick "paddy"dubois dit :

    mr le bourgmestre, mr le député, bonjour
    la sécurité civile c’est l’affaire de tous.la sécurité du civil !
    certes les services de secours disposent de spécialistes dans divers domaines (D1) ils interviennent au plus pressé et pas toujours avec la totalité des infos en main. La D5, celle qui prime au niveau de l’info vers les citoyens est trop souvent ou parcellaire ou galvaudée ou phagocytée par les « politiques » (sorry de le dire)
    Communiquer en cas de crise cela s’apprend,se gère, se maitrise.
    Le conditionnel est trop souvent usité. Des faits des faits des faits.
    Le citoyen doit aussi au préalable est mis au courant de la possibilité de ce genre de situation (prévention d’informations….en cas de….)et comment réagir au préalable de façon individuelle et collective. vaste programme !!
    je suis à disposition afin de réféchir sur une sécurité civile citoyenne et la mise sur pied d’un organe de gestion des situations d’urgences merci

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