Discours du premier mai

Dois-je vous dire à quel point ce 1er mai 2010 est pour moi un rendez-vous empli d’émotion et de fierté ?

Vous avez été très nombreux à me témoigner votre confiance la semaine dernière ;  croyez-bien que je mettrai tout en œuvre pour respecter ce signal et me montrer digne de la mission que les militants de la deuxième fédération socialiste wallonne ont souhaité me confier.

Le grand exercice de démocratie interne auquel notre parti s’est livré ces dernières semaines pour désigner ses présidents locaux et son président fédéral est assurément l’un de ces moments qui donne foi aux valeurs humaines et de progrès que nous défendons. Nous avons, à mon sens, donné une éclatante démonstration de la qualité de notre militantisme, du pouvoir de mobilisation de nos affiliés mais aussi et surtout de notre sens du respect réciproque.

Les débats qui viennent de se dérouler dans le cadre de l’élection du président fédéral ont été, je pense, d’un haut niveau parce que, tant les candidats que les affiliés, ont compris l’importance de l’enjeu et la portée des véritables questions de fond que doit se poser notre fédération en ce XXIème siècle.

Je tiens, à ce propos, à rendre hommage à Didier DONFUT qui a – avant moi – eu à cœur de faire évoluer l’organisation de notre fédération. Didier est assurément une personnalité sur laquelle notre parti a pu compter.

Fierté d’être élu à la présidence, vous disais-je.

Fierté mais aussi conscience de me trouver face à un défi. Dans notre région de Mons-Borinage, les gens ont le socialisme au cœur. Les valeurs de solidarité, de tolérance et d’égalité sociale animent une population tout entière… qui par conséquent attend beaucoup de nous. Notre responsabilité à son égard est énorme et exige une organisation, un comportement et des initiatives en constante évolution pour demeurer en phase avec les attentes et les besoins de chacun.

Il n’est jamais vain de rappeler que notre Borinage est le véritable  bastion des luttes sociales et de cette Charte de Quaregnon qui nous est si chère.

Ayons la fierté de ce passé mais ne cultivons pas la nostalgie !

Accrochée à ses idéaux, notre région a devant elle un avenir socio-économique à prendre en mains. Des signaux particulièrement positifs nous viennent de nos pôles d’excellence. Le pays nous envie les importants investissements que Google et Microsoft réalisent chez nous grâce, soulignons-le, à l’implication d’Elio DIRUPO.

Ces implantations de haute technologie alliées au dynamisme de nos universités sont une chance pour notre image. Nous devons la saisir. Nous devons profiter de cette vague pour tenter d’ouvrir des champs d’emplois accessibles à tout le monde. Car c’est bien là que résident notre rôle et notre responsabilité de socialistes.

Les promesses d’aujourd’hui doivent profiter à chacun dans ce souci d’égalité qui nous distingue des autres forces politiques. Et ne nous cachons pas à ce propos les efforts à accomplir encore, particulièrement en faveur de celles et ceux qui vivent les inacceptables conséquences de la crise du libéralisme et les drames quotidiens de la pauvreté. Celles contre laquelle nos élus de proximité luttent chaque jour.      

J’en ai appelé dans mon acte de candidature à un « plan d’avenir pour notre arrondissement ». Je conçois en effet la fédération comme un moteur pour des initiatives nouvelles. Par les leviers de commande dont il dispose dans les communes et intercommunales, notre parti a la responsabilité d’organiser cette concertation qui doit avoir lieu avec nos partenaires de l’Action commune mais aussi entre tous les acteurs publics et privés de Mons-Borinage. Et j’ai la conviction que l’amélioration de la formation professionnelle de nos concitoyens y sera la préoccupation majeure tant elle conditionne un développement équitable et inscrit dans la durée.

Pour assurer son destin et afficher ses ambitions, une région doit aussi vivre de projets nouveaux, capables de la sublimer. La mobilisation qui s’organise derrière « Mons 2015, Capitale européenne » nous réjouit tous car elle concerne notre arrondissement tout entier mais également le Hainaut et plus largement encore la Communauté française.

Pour réussir ce projet ambitieux, Mons et le Borinage marcheront de concert. Si le Chef-lieu est déjà un véritable espace de rayonnement culturel, il doit aussi compter sur l’énergie et le dynamisme des communes qui l’entourent. De quoi tordre le cou aux prétendues différences qui marquent Mons et le Borinage. Au contraire : ces différences sont un atout, un gage de soutien populaire et Mons 2015 peut devenir la référence pour tous nos grands projets communs de demain, portés par les socialistes.

Le PS Mons-Borinage, faut-il le rappeler, ce sont  11 Bourgmestres sur 13 ; ce sont des élus fédéraux, régionaux et provinciaux capables de se fédérer pour porter et défendre des projets ancrés dans nos valeurs.

Mais le PS de Mons-Borinage, plus fondamentalement encore, c’est vous. Vous,  affiliés et sympathisants, qui constituez la force de notre parti ; vous qui apportez à nos élus une légitimité qu’aucun autre mandataire ne peut revendiquer.

Grâce à votre engagement militant, le PS de Mons-Borinage dispose d’un potentiel de qualités incomparable. Et mon premier acte au titre de président est bien de dresser l’inventaire de ces ressources internes dont nous disposons pour améliorer notre communication et notre image dans les médias régionaux, pour nous ouvrir le plus possible sur la société civile et la vie associative et, en fin de compte, pour impliquer chacun dans ce grand projet de gauche qui nous rassemble.

Aller à la rencontre de celles et ceux qui partagent nos idées dans un souci permanent de dialogue, affirmer notre présence dans les nouveaux réseaux sociaux, parler aux jeunes le langage qui est le leur mais profiter aussi de l’expertise et de la disponibilité de nos militants les plus âgés, soutenir les sections locales et les USC parce qu’elles sont les piliers de notre intense démocratie interne : voici les chantiers que j’entends privilégier pour moderniser nos structures et démentir certains préjugés savamment entretenus.

Non,  le PS n’est pas une « machine au fonctionnement opaque », comme certains aiment le dire. Il est – et restera – le  lieu de rencontre et d’actions de celles et ceux qui croient dans les valeurs humaines, dans la générosité et la justice. Autant d’idéaux qui n’ont peut-être jamais été aussi modernes qu’aujourd’hui.

Il est vrai que, comme le disait Lionel Jospin, « le socialisme n’a jamais été une doctrine figée, mais bien une aspiration et un mouvement. Une aspiration à un monde meilleur et un mouvement de transformation de la société »

Ce besoin de transformation de la société est effectivement inscrit dans nos gènes de socialistes. Ce qui nous anime, c’est une transformation positive qui profite au citoyen, à son cadre de vie quotidien et à son épanouissement social et personnel.

Reconnaissons que l’actualité belge du moment se trouve à cent lieues de ces considérations !

Enflammé par un conflit communautaire aux accents électoralistes famando-flamands, notre pays vit un malaise politique sans précédent qui plonge nos concitoyens dans le désarroi et risque de favoriser l’émergence d’un vote extrême en Flandre mais aussi en Wallonie et à Bruxelles.

Les francophones n’ont pas voulu cette crise.

Les socialistes particulièrement, ont tout mis en œuvre pour que l’enjeu de BHV ne fasse pas vaciller des projets socio-économiques majeurs portés par le fédéral. Le communautaire valait-il en effet que l’on sacrifie les avancées acquises dans la mise en œuvres de politiques d’emplois pour contrecarrer la dégradation économique, dans le financement de réforme de la sécurité civile, dans l’amélioration du statut du personnel médical et dans le soutien aux grandes villes qui connaissent des difficultés chroniques ?

Le communautaire valait-il que l’on s’expose au risque de « brader » la présidence européenne et de porter une atteinte durable à l’image internationale du pays et à sa réputation auprès des investisseurs étrangers ?

Notre parti ne le pense pas parce qu’il sait que vos attentes sont ailleurs. Parce que son sens de la proximité et du contact lui apprend que aspirations citoyennes sont énormes et légitimes face aux menaces sur le pouvoir d’achat, face au devenir des pensions, face au sentiment d’insécurité mais aussi face aux enjeux du changement climatique ! C’est cela l’intérêt général… celui qui, par définition, s’oppose aux intérêts purement partisans et calculateurs.

Mais la situation est ce qu’elle est.

Les questions du devenir du pays et du savoir-vivre ensemble n’ont jamais été posées en termes aussi directs. Que veulent nos voisins du Nord ? Quelle réforme durable souhaitent-ils engager avec nous si – pour reprendre une expression choc du journal Le Soir –  « ce pays à encore un sens », à leurs yeux ?

 Quoi qu’il en soit, le PS fera face à une échéance électorale qu’il ne souhaitait pas mais qu’il abordera avec la conscience de celui qui a tout fait pour éviter le chaos, défendre l’intérêt francophone dans sa dimension démocratique et préserver les intérêts des gens. Il abordera la campagne qui s’annonce avec le sentiment du travail accompli pour faire progresser les vrais dossiers.

Dans ce contexte, notre Fédération de Mons-Borinage fera face.

Elle sera en ordre de marche aux côtés de notre Président national.

Ce dernier a récemment lancé les 4 défis de notre parti en cette année 2010 durant laquelle nous fêterons dignement nos 125 ans. Ces quatre défis prennent une dimension particulière en ces jours d’actualité mouvementée :

  • Penser un autre modèle économique ancré sur les PME  et les nouveaux modes de consommation,
  • Assurer de nouvelles voies de financement pour la sécurité sociale ;
  • Construire une réelle écologie sociale ;
  • Et répondre au mal-être social qu’a engendré le libéralisme économique…

Voilà qui nous ramène à nos convictions de progressistes et à cette flamme sociale que nous entretenons de générations en générations.

Notre feuille de route est écrite.

Nous devons nous mettre en marche calmement, sereinement, mais avec beaucoup de détermination !

L’an dernier, alors qu’on ne donnait pas chère de notre peau dans les sondages, notre parti est sorti victorieux des élections régionales !  Cette victoire, c’est vous les militants qui l’avez remportée !  Grace à la mobilisation des dernières semaines !

Cette année encore, c’est votre mobilisation qui fera la différence !  Et je suis certain qu’en juin prochain, grâce à vous Mons-Borinage sera plus socialiste que jamais !

1 réponse
  1. lefrontalierpedibus
    lefrontalierpedibus dit :

    Le compromis DEHAENE devait-il être rejeté – avec précipitation – par « l’Open VLD » ?

    Qui sont les radicaux de note pays ? Les partis extrémistes flamands ?… Sont-ils les seuls ?…Force est de constater que le radicalisme existe aussi dans le chef du « maingaintisme » et qu’aussi longtemps que le MR restera imbibé de cet « abcès » sociologique de petits « bourgeois » francophiles « panfrancophilistes » sur territoire flamand – au-delà des six communes à facilités – qu’il n’y aura pas de solution heureuse et harmonieuse au bénéfice de toute la Belgique et surtout de sa sécurité sociale. Je pense que la proposition « Dehaene » constituait une bonne base de négociation dans le cadre d’un esprit consensuel de respect réciproque et qu’il est tout à fait normal que « l’OLIVIER » francophone puisse se démarquer par cohésion francophone préférentielle et réaliste avant les élections. Le MR n’arrivera à rien et se condamnera à l’irrationnel de l’anarchie communautaire aussi longtemps qu’il gardera dans le pied cette fameuse épine extrémiste des petits bourgeois bruxellois nantis associés au « maingaintisme » et qui n’en ont rien « à cirer » de tout esprit national de solidarité. Face à l’extrémisme bilatéral et national à connotation droitière – voire ultra-droitière ségrégationniste flamande -, seul « l’OLIVIER NATIONAL » me paraît effectivement être de bon augure pour maintenir la dimension nationale de notre pays face aux affres du nationalisme flamand. Maintenant, si mathématiquement cet « Oliver » relève du rêve en Flandres, il n’y aura que la seule solution d’un Gouvernement d’Union Nationale pour sauver nos valeurs nationales communes!
    Question fondamentale : les élections – surtout en Flandres- permettront-elles ce sursaut citoyen démocrate et altruiste en faveur de notre union nationale ?
    Les urnes flamandes sortiront-elles de leurs entrailles le monstre de l’ostracisme extrémiste et du séparatisme égoïste ?

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