Alors que de nombreuses informations indiquent que les installations nucléaires peuvent être des cibles pour les terroristes, je viens d’interroger le ministre de l’Intérieur sur les mesures nécessaires prises pour protéger notre population.

Parmi les questions posées :

Monsieur le ministre, quelle analyse l’OCAM fait-elle maintenant quant aux menaces qui peuvent peser sur les grandes installations nucléaires? La concertation et la coopération avec les polices locales se fait-elle de manière optimale? Combien de militaires sont-ils déployés pour protéger ces installations? Quelles sont les règles d’engagement données aux militaires? Cette mission fait-elle pleinement partie du cadre plus large Vigilant Guardian ou s’agit-il d’une mission spécifique? Enfin, combien de badges d’accès ont-ils été retirés en lien avec les risques terroristes?

Le ministre de l’Intérieur m’a donné les éléments de réponse suivants :

« La mouvance terroriste islamiste s’intéresse de plus en plus aux méthodes dites CBRN (chimiques, bactériologiques, radiologiques et nucléaires). On a constaté que l’État islamique a déjà utilisé du gaz sarin en Irak.

En ce qui concerne une attaque dans le domaine nucléaire en Europe, l’emploi de plutonium pour construire une bombe atomique est peu vraisemblable pour différentes raisons (transport, compétences). On peut plutôt envisager l’usage d’une bombe sale avec des matériaux radioactifs volés dans un hôpital. Nous ne pensons pas qu’ils vont venir voler dans un site nucléaire, parce que cette technologie est beaucoup trop avancée, mais puisqu’ils ont utilisé des bombes sales à Zaventem et à Maelbeek, ils peuvent aussi envisager l’utilisation de bombes sales avec des matériaux radioactifs des hôpitaux. Suite à l’actualité, l’OCAM a diffusé une mise en garde le 8 décembre 2015, demandant une vigilance accrue pour les locaux des hôpitaux, cliniques, firmes privées contenant des matériaux radioactifs.

En ce qui concerne les centrales et autres institutions nucléaires, nous avons fixé un niveau 3 depuis le 24 mars 2016. Nous n’avons aucune indication d’un projet concret d’action terroriste contre une installation nucléaire en Belgique. Il s’agit plutôt d’un niveau de précaution, à la suite de la découverte d’informations lors des opérations menées dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 22 mars.

Nous n’avons pas d’indication spécifique pour les sites nucléaires mais nous restons prudents.

Au total, 140 militaires sont engagés pour la protection des sites nucléaires. Un protocole spécifique ainsi que des règles d’engagement particulières ont été rédigés pour l’engagement des militaires dans ce contexte. Il s’agit d’une mission spécifique qui n’est pas liée au déploiement des militaires dans le cadre des mesures antiterroristes. Nous avions des recommandations internationales avant les attaques et la dernière recommandation concernait la protection des sites nucléaires.

Nous avons connaissance de cinq retraits de badges d’accès pour raisons de radicalisme ou radicalisation ».

 

 

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