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Question à Madame Inge Vervotte, Ministre des Entreprises publiques et de la Fonction publique au sujet de la fermeture de bureaux de poste dans la région de Mons.

Madame la Ministre,

La fermeture annoncée du bureau de poste de Cuesmes, une importante localité de la Ville de Mons comptant 10.000 habitants, a suscité un vif mécontentement parmi la population.

Cuesmes n’est pas le seul endroit concerné par la vague de suppression de bureaux dans ma région, loin de là, puisque la liste communiquée par La Poste prévoit, pour 2008, la fermeture des bureaux de Boussu, de la place de Paturages, de Thulin, de Cuesmes, de Flénu, de Ghlin (installé rue de La Poste…), de Mons chemin des Mourdreux et digue des Peupliers, du Shape, de Quaregnon, (place du Sud), de Baudour et enfin, de Tertre.

Je suis particulièrement étonné de lire que ces fermetures s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration du service à la clientèle.

J’ai du mal à imaginer que les habitants de Cuesmes, par exemple, puissent considérer la fermeture de leur bureau de poste comme une amélioration du service postal ! La vague de protestation citoyenne au sein de la population de cette commune en est d’ailleurs la preuve éclatante.

Par ailleurs, la Poste a annoncé qu’elle souhaitait ne conserver qu’un bureau de poste par entité dans le cadre du long processus qui aboutira à la libéralisation de son secteur.  Ce principe m’apparait fort peu crédible puisque la taille des communes belges est très variable tant au niveau de la population que de la superficie.

Bien que le débat sur les critères de fermeture ait été mainte fois abordé et que ceux-ci trouvent leur source dans le dernier contrat de gestion de La Poste, je pense qu’ils restent trop vagues et qu’ils doivent pouvoir être réévalués au cas par cas.

Dans la commune de Hensies, dont je suis le Bourgmestre, c’est le bureau de Thulin qui va fermer ses portes.  J’ai eu l’occasion de marquer mon mécontentement sur cette décision auprès de votre prédécesseur et de l’Administrateur Délégué de La Poste.  Les citoyens et la commune ont été mis devant le fait accompli, sans aucune possibilité de négociation.  Face à ce constat et afin de ne pas laisser les habitants de ce village sans bureau, mon administration s’est proposée pour accueillir dans ses locaux un point poste qui sera opérationnel dans le courant du mois d’avril.  Il engendrera toutefois des coûts non négligeables pour mon administration.  Je considère donc que ma commune a dû suppléer, comme pour d’autres matières, à une forme d’abandon d’un service public qui relève encore toujours du fédéral.

Ceci étant dit, voici les questions précises sur lesquelles j’aimerais obtenir vos éclaircissements :

Dans le cas de la fermeture du bureau de poste de Cuesmes, sur base de quels critères précis cette décision  a-t-elle été prise ? Ces derniers sont-ils pertinents au regard des besoins de la population de Cuesmes ?  Peut-on envisager que La Poste reconsidère sa fermeture suite à une évaluation pertinente des besoins de la population concernée ?  Avez-vous connaissance de l’établissement de points postes alternatifs au sein de la commune pour compenser ce manque?  Y a-t-il eu une concertation avec les autorités de la Ville ?

Dans le cas du bureau de Thulin, pourquoi La Poste refuse-t-elle à l’administration communale, qui va gérer le futur Point poste, la possibilité d’élargir les services disponibles à tous ceux offerts par un bureau de poste classique, c’est à dire l’extension au service bancaire de La Poste ?

De manière plus générale, pourquoi La Poste n’a-t-elle pas cherché systématiquement à trouver des synergies avec les pouvoirs locaux ?  Des collaborations auraient-elles permis par exemple de partager des locaux équipés de guichets, en faisant ainsi d’importantes économies d’échelle ?