La perspective d’un affrontement généralisé entre gangs de motards a poussé le député Eric Thiébaut à interroger le ministre de l’Intérieur sur les mesures de précautions prises par la Belgique pour éviter des incidents sur notre territoire.

La découverte récente dans le canal Bocholt-Herentals à Overpelt d’un cadavre de motard appartenant à un gang de bikers et l’ouverture de nouveaux clubs dans le Benelux font, en effet, craindre à certains observateurs le risque d’un affrontement généralisé entre gangs en Europe de l’Ouest, ainsi qu’en Belgique. Pour ceux-ci, la Belgique serait particulièrement exposée car on y décèle des signes évidents de tensions liés à l’arrivée de gangs émergents et l’ouverture de nouveaux « clubs » dans des villes telles que Huy et Ath.

Eric Thiébaut a dès lors posé les questions suivantes:

Disposez-vous d’éléments indiquant un risque concret d’affrontements entre gangs de bikers sur notre territoire? Suivez-vous l’évolution de la situation de près? Dans la perspective éventuelle d’une guerre de gangs, des mesures spécifiques sont-elles envisagées pour y faire face en Belgique?

Le ministre de l’Intérieur a donné les éléments de réponse suivants:

«Les risques inhérents à l’augmentation de la présence de bandes de motards criminelles sont bien entendus bien présents (….) À l’heure actuelle, et même si la Belgique connaît elle aussi cette présence accrue de bandes de motards criminelles, nous ne faisons pas face à une croissance de ces confrontations. Compte tenu de la situation actuelle aux Pays-Bas, nous n’excluons pas qu’une confrontation « grave » puisse avoir lieu dans un proche avenir. Si cela devait en venir à une confrontation entre les différents clubs de motards rivaux aux Pays-Bas, il existe alors en effet un risque de répercussions en Belgique.»

Ceci dit, le ministre a tenu à rassurer en indiquant que les autorités n’ont pas attendu ce moment pour s’intéresser à la problématique.

«Depuis 1996, une approche intégrale et intégrée est mise sur pied au sein de la police où une cellule spécialisée, soutenue par un réseau de partenaires internes et externes, suit le phénomène et en facilite l’approche tant préventive que répressive, administrative que judiciaire. Une évaluation systématique des risques de perturbation à l’ordre public est faite lorsque des événements organisés par ces clubs, ou ceux auxquels ils participent, sont signalés. Les autorités administratives peuvent interdire ou soumettre ces événements à des conditions particulières, lorsque certaines suspicions existent. Les autorités judiciaires définissent la politique de poursuite et coordonnent les poursuites pénales. Un magistrat de référence a été désigné au sein du Parquet fédéral. Tous les faits graves impliquant des bandes de motards criminelles sont signalés au Parquet fédéral, qui décide alors, sur base de divers critères, de fédéraliser ou non le dossier. Le succès dans la lutte contre le phénomène reste évidemment tributaire des instruments dont les autorités judiciaires et administratives disposent. Il convient dès lors de rester attentif aux évolutions constatées et d’adapter les moyens mis en oeuvre si nécessaire.»

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