Eric Thiébaut fonction publiqueJ’ai interpellé ce lundi 17 novembre, en commission de l’Intérieur de la Chambre, le Ministre NVA de la Fonction publique pour lui dire toutes mes inquiétudes concernant les réductions drastiques de fonctionnaires annoncées et mes craintes face à la perspective d’un démantèlement des missions de service public.

La diminution du nombre de fonctionnaires, la réduction des moyens de fonctionnement, l’absence d’investissements pour assurer l’informatisation, la remise en question du statut du fonctionnaire ou encore l’application de critères d’évaluation propres au monde de l’entreprise ont été autant de points que j’ai abordés dans mon intervention.

Selon moi, les services publics sont essentiels pour garantir une société plus juste et contribuer à une vie de qualité pour l’ensemble des citoyens. Avec la sécurité sociale, ils sont de puissants amortisseurs des conséquences néfastes des crises économiques et financières. Ils sont aussi des leviers de compétitivité pour l’ensemble de l’économie.

Avec ce gouvernement de droite, nous assistons à une véritable destruction des services à la collectivité.

Les efforts en «dépenses primaires» sont d’une brutalité jamais vue: 1,081 milliard en 2015 qui deviennent 2,320 milliards en 2018, soit 15% du budget correspondant, et notamment:

  1. Une diminution de 20% des frais de fonctionnement des administrations en 2015 (hors personnel)! Puis 2% supplémentaires chaque année. Comment est-il possible de diminuer d’un cinquième les frais de fonctionnement en une année?

  2. Une diminution de 22% des investissements en 2015, puis 2% supplémentaires chaque année.

  3. Une diminution de 4% des frais de personnel en 2015 puis de 2% supplémentaires chaque année.

Rien ne sera épargné. Les services publics, ce sont les policiers, les infirmiers et infirmières, les juges, les gardiens de prison… Les économies du gouvernement MR N-VA vont dégrader le fonctionnement de l’Etat et donc les services aux citoyens. Moins de services publics augmentera inévitablement la facture des ménages.

Réduire leur nombre n’est pas la seule ambition à l’égard des agents de l’Etat. Il s’agit également de s’en prendre à leur statut, pour l’aligner sur celui du privé également et à leurs traitements. Notamment en ce qui concerne une prétendue «modernisation» des règles de licenciements. De revoir les accords en ce qui concerne les congés. Pire: ce gouvernement veut  introduire l’intérim dans la fonction publique! Je crois qu’il confond être moderne et être à la mode!

Le statut de l’agent de l’Etat, c’est d’abord la garantie de son indépendance et de la pérennité du service public!

Le PS n’est certainement pas opposé à une modernisation du service public, à son efficacité et à son efficience. Il ne s’agit pas non plus d’opposer privé et public. Il s’agit de s’assurer que toute réforme se fasse dans le sens du progrès social sur les lieux de travail et pour l’amélioration du fonctionnement de nos administrations fédérales.

A  entendre le Ministre NVA, l’informatisation va permettre d’amortir le choc que représente le non remplacement massif de fonctionnaires partant en retraite. C’est faire peu de cas du travail de ces personnes, qui seraient remplaçables par des machines. Surtout, nous nous interrogeons sur la façon dont le nouveau ministre compte financer cette informatisation en réduisant aussi drastiquement les investissements et les frais de fonctionnement.

Le véritable défi n’est pas «moins de services publics» mais «mieux de service public»!

« Je ne crois pas qu’en réduisant le nombre de fonctionnaires, on va rendre un service aussi efficace qu’avant. C’est une illusion ! »

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