Mon discours à l’occasion de l’Armistice.

Monsieur le Maire, Messieurs les Adjoints au Maire,

Mesdames et Messieurs les Echevins, les conseillers communaux et du CPAS,

Mesdames et Messieurs les Enseignants,

Mesdames et Messieurs les musiciens,

Mesdames, Messieurs, chacun en vos titres et qualités,

Chers enfants,

Depuis des décennies les habitants de notre commune ont toujours été très attachés à la commémoration de l’anniversaire de la fin de la première guerre mondiale.

Traditionnellement c’est aussi pour nous l’occasion de rendre hommage aux 23 soldats français tombés à Thulin en 1940 lors des premières confrontations avec l’envahisseur allemand. Je remercie le Maire de Saint Aybert et ses adjoints de partager avec nous ce devoir de mémoire.

Je remercie aussi tout particulièrement les enseignants et les enfants de nos écoles pour leur présence et leur contribution à cette cérémonie du souvenir.

Le devoir de mémoire est essentiel, il doit se transmettre de génération en génération. Depuis 9 h ce matin j’ai rappelé les noms des victimes des 2 guerres inscrits sur tous les monuments des 4 villages de notre entité. Ce geste simple et symbolique est une marque de respect pour celles et ceux qui ont donné leur vie pour défendre nos libertés. Notre devoir est de veiller à ce qu’ils ne tombent jamais dans l’oubli.

Les 2 guerres furent sources de grandes souffrances pour nos populations : des jeunes hommes séparés de leur famille pour aller combattre, des pères, des fils dont certains ne sont pas revenus, dont certains ont été prisonniers en Allemagne durant plusieurs années… L’évacuation pour des centaines de milliers de Belges, et puis l’occupation la privation pour les enfants, la peur des bombardements…

Ces guerres ont poussés des hommes à accomplir parfois des actes d’une incroyable bravoure, mais aussi hélas souvent d’une incroyable cruauté.

Pour nous évidemment, tout cela paraît bien lointain, tout cela paraît irréel et les images que nous en avons sont celles de films ou de documentaires à la télévision.

Mais malheureusement, pour des millions de personnes dans le monde la guerre est une réalité quotidienne. Beaucoup sont forcés de fuir les persécutions qu’ils subissent chez eux, comme l’on fait 2 millions de Belges en 1940.

Aujourd’hui, nous savons que l’Europe est confrontée à l’arrivée d’un nombre inhabituel de candidats réfugiés. Nous avons tous en tête les images de migrants entassés dans des embarcations par des passeurs sans scrupules. Nous savons que des milliers sont morts noyés en Méditerranée. Et je suis certain que vous gardez tous en mémoire le souvenir de ce peltit garçon syrien échoué sur une plage touristique de Turquie.

Les Syriens sont coincés entre un dictateur qui n’hésite pas à faire massacrer son propre peuple et les terroristes de l’état islamique. Dans ces conditions un quart des habitants du pays ont pris la fuite. C’est plus de 4 millions de Syriens qui sont partis, dont 2 millions sont en Turquie.

La Belgique est évidemment sollicitée comme tous ses voisins européens.

Et je crois qu’il est du devoir de toutes les communes de notre pays de participer à l’accueil des gens qui fuient la guerre. Chacun doit le faire en fonction de sa taille et de ses moyens. Les états européens ont décidé d’accepter un nombre de réfugiés équivalent à 1 pour 1000 européens. Notre Cpas s’est inscrit dans cette logique.

C’est ainsi que nous comptons parmi nous 4 Syriens depuis juin dernier.

Ils ont accepté de participer à cette cérémonie du 11 novembre 2015 et leur présence aujourd’hui nous rappelle combien la paix est un bien très précieux qu’il faut protéger. Elle nous rappelle notre chance de vivre dans un pays prospère. Elle nous démontre aussi combien certains clichés et à priori répandus dans l’opinion publique sont ridicules. Non ce ne sont pas des terroristes, non ils ne sont pas dangereux et non ils ne viennent pas chez nous juste pour profiter de notre protection sociale. Dans leur cas ce sont des ingénieur, architecte et avocat qui sont ici depuis 3 mois sans que personne n’ai pratiquement remarqué leur présence…

Mesdames, Messieurs,

On a tendance trop souvent à l’oublier, mais la construction européenne a permis à la plupart d’entre nous de ne pas connaitre de guerre depuis notre naissance, alors même que certaines générations passées ont subit deux guerres mondiales en 30 ans !

Mais l’Europe est à un tournant de son histoire. Il faut bien avouer que les autorités européennes peinent à résoudre par exemple la crise des migrants. Nous vivons aussi dans une Europe qui prône des politiques d’austérité et engendre le dumping social.

De nombreux peuples sont tentés par le repli identitaire, les nationalismes progressent… Et la situation économique actuelle dans certains pays évoque pour moi celle de l’Allemagne des années 30 qui a vu l’ascension du nazisme.

Il convient donc de rester vigilant et se souvenir des paroles de John Kennedy :

« Ne nous reposons pas sur nos acquis, mais efforçons-nous de construire la paix, de vouloir que la paix soit dans le coeur et dans l’esprit de chacun »

Je vous remercie pour votre attention.

Eric THIEBAUT, Bourgmestre de Hensies

 

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